Premières Explorations

(Marc Douchet, Claude Touloumdjian)

PORT-MIOU

A 12 km au sud-est du centre de Marseille, sur le flanc ouest de la calanque de Port-Miou, dans un univers de garrigue et de roc éblouissant de soleil, la rivière débouche en mer à environ 12 mètres au-dessus du niveau de l'eau. Son débit varie suivant la pluviométrie locale de 3 à 100 m³/s. Le conduit principal présente une section impressionnante de 200 à 400 m2, pour une profondeur moyenne de 20 mètres, jusqu'au barrage édifié par le Syndicat de Recherches de Port Miou, à 530 m de la mer.

Au-delà, les dimensions peuvent être encore plus importantes. Vers 850 m, un décrochement mène à -42 m sur un peu plus de 300 m, la suite de la rivière oscille entre -30 et-15 pour aboutir à une grande salle. Dans son plafond, une cloche à l'air libre et, à sa base, un puits-faille énorme s'enfonce dans le noir.

 

Ce réseau fabuleux et gigantesque, les plus grandes galeries noyées d'Europe, a été crée à l'air libre au Quaternaire, lorsque le niveau de la mer était descendu à 120 m au-dessous de son niveau actuel, phénomène qu'à connu la grotte Cosquer, distante d'environ 8 km. D'ailleurs tout laisse à croire que la porche de Port-Miou a pu servir à un moment ou un autre d'abri si ce n'est d'habitat, à nos ancêtres. La sortie de ce grand fleuve souterrain semble connue depuis la nuit des temps. Selon la tradition, les anciens navigateurs romains venaient là pour s'approvisionner d'eau douce en la puissant à la surface de la mer.

Le scaphandre autonome permit les premières incursions, dans ces galeries avec l'équipe de l'OFRS du Commandant Cousteau et Haroun Tazieff qui reconnaissent la grotte sur 280 m en 1956 ??. En 19 ?6, Claude Touloumdjian parcourt 400 m en solitaire.

Les travaux des études du Syndicat de Recherches de Port Miou animés par L Potié ont marqué les années 1964 à 1980. Ces travaux, premiers dans leur genre, réunissaient recherches scientifiques, mises au point de techniques et de technologies orientées vers le captage des sources sous marines et exploration des milieux immergés .

Dans ce cadre et à la demande du Syndicat de Port Miou, les explorations reprennent entre 1968 et 1974. Une cloche naturelle est découverte à 530 m qui servira de base pour les travaux et explorations ultérieures après le fonçage d'un puits et d'une galerie à l'air libre. Les explorations se poursuivront jusqu'à ce jour avec divers intervenants..

Divers groupes de plongeurs professionnel ou spéléos ont participé à cette aventure travaux et explorations : La Sté Hippocampe avec Henri Portail, la Comex, Snef, les plongeurs du spéléo club de La Tronche (Pierre Rousset, Dobrilla, Betschen, B.Léger....., les plongeurs-spéléos de Marseille du Geps animé par J.L Vernette, Louis ????, M. Sapin, Claude Touloumdjian.

Les explorations reprennent depuis le barrage construit en 1972, et le point 1.365m est atteint. En 1981, au cours d'une expédition organisée par la FFESSM, des plongeurs suisses portent le développement à 2 000 m. Un mois plus tard, Bertrand Léger, avec la bénédiction de Louis Potié et l'appui de la Sem, prolonge l'exploration jusqu'à quelque 1500 mètres du barrage et atteint une profondeur de -82 mètres dans le puits provisoirement terminal.

Cette limite est jugée infranchissable avec les techniques classiques de plongée de cette époque. Port-Miou, connu du monde scientifique pour les recherches qui y ont été menées en vue du captage des eaux douces, entre dans la légende du monde des spéléonautes.

 

bestouan

Située à proximité du port de Cassis, à un mètre sous la surface, juste en face du phare et au pied des falaises, l'embouchure de ce fleuve côtier est un véritable delta de multiples conduits étroits où se réfugient régulièrement des congres. Par mer calme et à fortiori lors des grosses crues, l'eau saumâtre qui sort en force dans la mer est nettement visible par tous ...... Toutefois c'est seulement en 1945 qu'un scaphandrier marseillais occupé à renflouer un bateau coulé en travers de la passe du port de Cassis découvrit avec précision la principale sortie d'eau douce.

Il fallut attendre 10 ans pour que des plongeurs de l'Office Français de la Recherche Sous-Marine osent pénétrer réellement dans la rivière. Ils atteignent ainsi le fond du puits à -15m. En 1965 le Groupe d'Etudes et de Plongées Souterraines remonte la rivière sur 120 m et en 1966 atteint 400 m.

A la même époque, les plongeurs de la SEM (Louis Potié, Henri Portail...) effectuent dans le cadre des travaux sur Port-Miou, diverses mesures et enregistrements) sur les vitesses d'écoulement et la salinité des eaux au Bestouan.

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